Malgré des avancées considérables, les femmes sont toujours moins payées que les hommes, sous-représentées aux postes à responsabilités et en première ligne pour les tâches familiales. Dans sa dernière étude consacrée à la parité publiée le 21 février, l’INSEE fait le point sur la situation respective des femmes et des hommes au travers de nombreux thèmes sociaux et professionnels.
À quelques jours de la Journée internationale des femmes, l’institut national de la statistique et des études économiques publie « Regards sur la parité », une vaste étude sur la parité homme/femmes.
Vers une égalité des sexes ?
Bien que les filles obtiennent de meilleurs résultats scolaires et fassent plus d’études supérieures que les hommes, elles continuent à s’investir dans les filières moins porteuses en terme d’emplois (81 % d’entre elles sont en section littéraires).
L'égalité des sexes n'est toujours pas une réalité sur le marché du travail, les femmes restent globalement pénalisées.
Dans le privé, seul un poste d’encadrement sur quatre est occupé par une femme tandis que dans la fonction publique d’Etat, elles occupent 16% des emplois de dirigeant.
Les secteurs d’activité restent donc « très sexués ». 75 % des femmes occupent un emploi dans les secteurs de l’éducation, de la santé et l’action sociale tandis que 61 % s’investissent dans les services aux particuliers, secteur où les salaires sont peu élevés.
Autre facteur qui rentre en compte, la sphère domestique. Les femmes consacrent quotidiennement deux fois plus de temps que les hommes aux tâches domestiques.
Malgré des progrès, l'écart entre salaires horaires nets moyens pour les salariés à temps complet était de 23 % en 2005 entre hommes et femmes, et même de 27 % chez les cadres. Dans le secteur des services, l'écart est proche de 30 %. Les différences de caractéristiques (éducation, expérience, temps de travail, types d'emploi ...) n'expliquent, selon l'Insee, qu'environ 75 % des écarts de salaires mensuels.
Les femmes premières cibles des risques professionnels
Même si les femmes sont davantage présentes dans les services que dans l'industrie, nombre d'entre elles sont soumises à des postes impliquant de fortes contraintes, qu'elles soient physiques ou psychologiques. Selon l'Insee, elles représentent 58% des cas de troubles musculo-squelettiques (TMS), première cause de reconnaissance de maladie professionnelle en France. Ces pathologies sont essentiellement dues à des facteurs physiques (travail sur écran, postures pénibles ...), organisationnels (travail répétitif ...) et psycho-sociaux. Le travail des femmes est plus morcelé que celui des hommes et le contact avec le public, source de stress, plus fréquent.
Une insertion difficile pour les migrantes
Aujourd’hui, les migrations féminines prennent de plus en plus d’importance dans les circulations migratoires. Selon l’étude de l’INSEE, les femmes immigrées représentent 54 % des migrants et connaissent une insertion difficile dans l’emploi quel que soit leur niveau de formation. Pour la plupart, ces femmes viennent rejoindre leur conjoint étranger déjà installé en France. L’ouvrage souligne par ailleurs que le profil scolaire des migrants reste le même : 20% des femmes ont un niveau d’étude supérieur contre 22% pour les hommes. 15% des femmes ont quant à elles le niveau bac, contre 16% pour les hommes.
Les femmes migrantes se voient très souvent proposer des emplois de courte durée ou « au noir ».